AMPHITHEATRE VIERSEN, ALLEMAGNE, 1980


Assemblage sculptural en extérieur à Viersen, Allemagne.

Béton. Environ 40m de circonférence.

 

"Amphithéatre", première réalisation en extérieur de l'artiste, est situé sur le terrain d'un collège et était régulièrement utilisé par ce dernier pour des représentations.

A l'époque, Georg Ettl a déjà constitué, à travers son oeuvre picturale et sculpturale l'essentiel de son répertoire formel. Il va naturellement y puiser les images quasi-emblématiques de la maison, du marabout et de la tête de cheval - qui est d'ailleurs plus celle d'un cheval carnaval, s'arrêtant à la base du cou et légèrement relevée, que celle d'un vrai cheval.

Tels des bas-reliefs ou des sculptures antiques, ces motifs se retrouvent diversement moulés en creux et répétés - dans des plaques de beton ou sous forme de frise - ou bien moulés et juchés sur des colonnes.

Les figures animales, stoïques et observatrices sur les marches, se mettent à s'animer en une ronde joyeuse quand elles descendent sur scène.

Répartis intelligemment dans l'architecture existante, ces éléments s'y intègrent parfaitement. Ni tout-à-fait ruines, ni tout-à-fait décor, ils révèlent le lieu plus qu'ils ne l'habillent, consacrant sa fonction plutôt que sa mémoire.

 

LE HALL DU KREISHAUS VIERSEN ALLEMAGNE, 1982-1985

Première peinture murale de l'artiste, réalisée dans le hall d'entrée du Kreishaus, bâtiment administratif de Région, à Viersen, Allemagne; peinture minérale. Hauteur: 3,5m

 

Pour cette première commande publique, Georg Ettl va s'employer à alleger visuellement l'architecture de béton, opaque et pesante du hall d'entrée de l'administration.

S'inspirant de l'architecture telle qu'elle est représentée dans la peinture italienne de la Renaissance, l'artiste propose au regard une "leçon d'architecture".

Après avoir soustrait tout élément figuratif ou décoratif aux détails prélevés, Ettl va agrandir chaque motif à la même échelle et les fondre ensemble en un univers de tonalités pastels, recréant ainsi une "cité idéale", géométriquement fondée et cependant irréelle. Bien que résultant d'une concentration de citations directs de l'histoire de l'art, les peintures murales produisent un espace qui n'a, en effet, plus rien de commun avec les formes architecturales du XIVe et XVsiècle.

En contrepoint, chacune des colonnes sera peinte imitation marbre, pin, ou mosaïque, dans un éclectisme revendiqué de techniques et d'époques.  Intervention qui exacerbe subtilement l'idée de surenchère du phénomène illusionniste.

 

 

 

PISCINE VIERSEN ALLEMAGNE, 1990-1992

Piscine privée à Viersen (Allemagne)

Design des murs, bassins, comptoir, banc et sol avec des carreaux, en partie figuratifs. Environ 20x30m

 

Gerog Ettl est sollicité par un particulier pour concevoir le design du dallage de sa piscine et ses abords.

L'artiste ponctue le revêtement carrelé des motifs figuratifs tirés de son répertoire habituel - flamants roses, chiens en laisse, profils humains, éléments mobiliers. Motifs qui semblent prélevés d'un univers, sinon quotidien, du moins ordinaire, commun, et ce, moins peut-être par le choix du sujet que par leur aspect stylisé.

Si certains de ces sujets sont saisis en plein mouvement, tout sans exception on l'air figés, donnant d'être "pétrifiés, tels les deux flamants se tenant bien droit sur leur pattes et à qui ils manquent la tête, à la limite supérieure exacte du cou, réaffirment par là leur statut d'image.

Par ailleurs, le dessin anguleux de Ettl et l'usage de la perspective axonométrique pour la représentation de formes mobilières s'accommode ici parfaitement de la géométrie des carreaux. Alliés à la ligne épurée et orthogonale du plan architectural, ces éléménts contribuent à créer une impression d'ensemble d'un espace homogène, aéré, spirituel.

MAQUETTE POUR UNE SCULPTURE MONUMENTALE

"CHEVAL SUR COLONNE", 1982

Bois peint, papiermaché peint et doré. Hauteur 66,5cm - Foto Hadler/Stuhr

Réalisation après la mort de l'artiste en hommage et en mémoire des victimes de la Justice militaire nationalsocialiste.

MAQUETTE POUR UNE SCULPTURE MONUMENTALE, 1983

Carton peint, hauteur 47 cm - Foto Hadler/Stuhr

FAÇADE DE L'EGLISE SAINT ALBERTUS MÖNCHENGLADBACH, ALLEMAGNE, 1985

 

MONUMENT POUR KARL FEGERS,

MÖNCHENGLADBACH, ALLEMAGNE, 1990

Granit, acier, laque acrylique, or; hauteur: 244 cm. Ecole de Music Municipale de Mönchengladbach, Allemagne

KARLSPLATZ ET MUSEUMSHOF KREFELD, ALLEMAGNE,

1991-1992 et 1997

Nouveau design pour les environs du Kaiser-Wilhelm Museum à Krefeld, Allemagne

 

Invité par la ville de Krefeld à concevoir un projet pour la revalorisation des alentours du Kaiser-Wilhelm Museum, Georg Ettl envisage la possibilité de rétablir la place existant originellement au XIXsiècle et aujourd'hui disparue. Le projet étant jugé trop ambitieux par la municipalité, Ettl s'employe alors à repenser la cour du musée.

Il fait recouvrir le sol d'une pierre naturelle alliée à un béton incrusté de cailloux, surface d'où émergent discrètement des figures. Cette sculpture horizontale "praticable" n'est pas sans rappeler les premières sculptures de l'artiste, qui, dans les années 70, ont entretenu un rapport équivoque à l'art minimal. Proches de ce dernier sur le plan du volume et du rapport à l'espace environnant, elles s'en éloignent irrémédiablement par leur attachement affirmé à une potentialité métaphorique.

Mais surtout, dans le prolongement de l'idée initiale qui était d'ouvrir l'espace, Ettl propose de remplacer les murs d'enceinte de la cour du musée par une simple grille surmontée de corbeaux.

Ces oiseaux, silhouettes noires se découpant fièrement du ciel, sont une allusion directe au nom de "Krefeld", qui signifie en allemand "le champ de corbeaux". Pour la ville et sa population, ces corbeaux d'acier font aujourd'hui figure de symbole.

 

FRISE DE 28 TÊTES, TRIBUNAL D'EUSKIRCHEN, ALLEMAGNE, 1995

GRANDE ROUE, JARDIN DE GREVENBROICH, ALLEMAGNE, 1995

Structure d'acier peinte. Hauteur: 8 mètres - Foto Lecat

 

La roue symbolise une pelle à lignite. Au lieu des lames, ce sont des têtes qui mangent le sol.  La sculpture est destinée à sensibiliser le champs de tension entre la nature et l'industrie. 

 

 

ÉGLISE DU SAINT ESPRIT, NEUSS, ALLEMAGNE,1991-1999

Design intérieur et peinture de l'église du Saint-Esprit, incluant le baptistère, à Neuss, Allemagne. Peinture murale, reliefs découpés, tôles émaillées, fenêtres, buffet d'orgues, autel, bancs, fonts baptismaux, chandeliers

 

Contacté par l'abbé d'une église catholique construite dans las années 80, Georg Ettl est chargé d'en repenser complètement l'aménagement intérieur - mobilier et éclairage compris - avec pour condition essentielle de proposer une oeuvre "lisible". La représentation quasi-logotypique de la figure humaine chez Ettl -  figure simplifiée, mécanisée, vue de profil - sera alors largement convoquée pour dérouler en trois bandeaux principaux les scènes des Evangiles.

L'artiste utilise en effet la fameuse silhouette  comme un signe, qui va multiplier, moduler et combiner à loisir, développant, à même le mur et dans l'espace, une narration, qui, bien que complexe s'agrémente d'une lecture fluide et "divertissante". Divertissante car, en dépit de leur schématisme, les personnages représentés présentent un caractère humain  les laissant apparaître tantôt espiègles tantôt gouailleurs, autant cruels que victimisés, mutilés, mais toujours volontaires, coopératifs, parfois encore, sous l'effet d'un enchantement.

La continuité créee entre peinture et reliefs, murs latéraux et choeur, alliée au caractère gai et lyrique de l'ensemble achève de transformer le récit biblique en symphonie visuelle. Quant au baptistère, ses murs seront habités de neuf représentations du labyrinthe - métaphore de la quête et ses épreuves - selon différentes cultures, mythes ou croyances. 

LES CHEVAUX D'OIRON, CHÂTEAU D'OIRON - DEUX-SÈVRES, FRANCE 1992-1993

Peinture murale au Château d'Oiron (Deux-Sèvres, France).

Pastel broyé appliqué au pinceau sur enduits anciens.

 

C'est dans le cadre d'une commande publique du Ministre de la Culture portant sur le cabinet de curiosité que Georg Ettl est invité à intervenir sur le mur extérieur de la galerie gothique du Château d'Oiron. Il est simultanément sommé, par les Monuments Historiques, de réaliser une œuvre "réversible" (c'est à dire qui puisse être effacée).

Appelé à restituer le souvenir de l'ornementation de cette façade - créée par Claude Gouffier, écuyer du roi Henri II, en hommage à ses chevaux - Ettl s'est référé pour élaborer son dessin, à l'inscription moyen-âgeuse figurant au centre de la galerie et stipulant la présence de chevaux "(les) plus renommés".

C'est ainsi qu'il reprend la ligne noire des marques de haras encore visibles et peint directement sur le mur huit chevaux "héraldiques". Ces derniers évoquent en effet une série d'emblèmes, dont le motif principal et ses variations, à la fois ludiques et ironiques, sont déclinés le long de la galerie.

L'artiste, soulignant dans ses déclarations l'importance des éléments figuratifs dans l'architecture gothique, a tenté, ici-même, d'en ranimer l'esprit.

L'APOCALYPSE, SAINT BERNARD, ROMANS, FRANCE, 1997-2000

Six vitraux de la façade occidentale de la collègiale saint Bernard à Romains (Drôme, France). Verre soufflé, plomb, étain. Vitrail rond: diam 2,5m. Les autres, hauteur 5m chaque.

 

Suite à un concours lancé par l'État en 1997, Georg Ettl - associé pour l'occasion à un maître verrier - se voit confier la conception et réalisation de vitraux, sur le thème des deux derniers chapitres de l'Apocalypse de Saint-Jean. Ettl revendiquera une lecture fidèle des textes pour légitimer sa proposition, discutée par l'Eglise. C'est le résultat, haut en couleurs par la richesse des contrastes, l'est également sur un plan symbolique, tant la représentation est vive, crue, frappante - "édifiante".

Pareille vision, soutient l'artiste, est à mettre sur le compte du caractère littéralement épique du récit évangélique. Mais elle est susceptible aussi bien de renvoyer au monde contemporain, où l'argent, la violence et la mort personnifient encore aujourd'hui les "diables", ainsi que trois des vitraux décrivent l'enfer. Tandis que deux autres panneaux racontent l'entrée des hommes à Jerusalem, avec leurs cortèges de souffrances et d'instruments d'aliénation, le vitrail rond met en scène la descente de Dieu. Dans la partie supérieur des panneaux sur la Nouvelle Jérusalem, le rachat des âmes baigne dans une exubérance colorée et dynamique, entretenue par des anges musiciens emplis d'allégresse.

"LE COMBAT DES ROIS", ABBAYE DE SAINT-SAVIN SUR GARTEMPE,

"DANSES", CHAPELLE JEANNE D'ARC, THOUARS, FRANCE, 2000

Dessin murale dans le réfectoire de l'Abbaye de Saint-Savin sur Gartempe (Vienne, France).

Crayon. Longueur: 30m, Hauteur: 6,50m, Largeur du mur pignon: 8m.

Dessins muraux, Chapelle Jeanne-d'Arc à Thouars ( Deux-Sèvres, France.)  Hauteur: 2,50m.

 

Georg Ettl est invité dans le cadre de la programmation d'art contemporain du Centre International d'Art Mural à l'Abbaye de saint-Savin pour une exposition temporaire (juillet-décembre 2000) conçue en résonance avec la vocation patrimoniale du lieu. En regard de la fresque "Le Combat des Rois" (XIsiècle) déposée  pour sa restauration dans le réfectoire, Ettl propose, d'après ce thème, un dessin réalisé d'un simple trait de crayon sur toute la longueur de salle.

Mais l'histoire biblique se rapportant au combat d'Abraham contre quatre rois - combat d'un berger contre les 

puissants - sera sensiblement transposée par l'oeil ironique de l'artiste. Dans  la retombé des voûtes, deux rois s'interpellent et se narguent sur les conseils d'un "semeur de zizanie". A leur pied, les fantassins, serviables et corvéables, annoncent le drame à grand renfort de trompettes. Ce qui ne semble être au départ qu'une chiquenaude se termine en un bataille sanglante. Les soldats s'entretuent sans merci cependant que les deux rois, confortablement assis dans leurs fauteuils, conservent jusqu'à la fin leur sourire. Si la systématique du profil des personnages, inscrits dans un décor et munis d'accessoires médiévaux (couronnes, épées, tentes de champs de bataille) évoquent l'idée de figures hiératiques, l'aspect normatif des silhouettes, leur nudité et leur absence de bras rappellent les bustes de mannequins de nos vitrines. Ancien et moderne ne seraient ainsi pas si éloignés l'un de l'autre, semble nous dire l'artiste.